Cet article propose quelques réflexions sur le style de leadership de Jésus, à la lumière d’une Église synodale. Le pape François a inauguré le processus synodal avec ce thème : « Pour une Église synodale : communion, mission, participation ». Cette vision s’exprime en trois points : l’Église chemine ensemble (synodus), l’Église est communion — le sacrement de l’union intime avec Dieu et de l’unité de la famille humaine — et l’Église recherche la participation la plus large de toutes et de tous. Le récent Interchapitre qui s’est tenu en Inde a reflété ce même esprit synodal.

Un leadership participatif

Ceux qui connaissent le domaine du management affirment sans cesse que le leadership participatif est aujourd’hui le style le plus apprécié. Il porte davantage de fruits, car il donne à chacun et chacune le sentiment d’être important et responsable de la mission. Un leader peut imposer sa volonté et obtenir des résultats rapides, mais cela court-circuite souvent le processus. Le leadership participatif, en revanche, valorise le meilleur de chacun en l’intégrant dans une synthèse plus grande. Dans ce modèle, le leader devient coordinateur et animateur.

Jésus lui-même a incarné ce style. Il fut une personnalité forte et charismatique, sûre d’elle et intègre. Même ses adversaires l’appelaient « Rabbi » et reconnaissaient son autorité. Rien d’étonnant à ce que Jésus ait inspiré les hommes et les femmes de son temps, et plus encore ses proches disciples, à rêver grand, à apprendre davantage et à grandir en sainteté.

Écouter et marcher ensemble

Bien qu’il fût un leader par excellence, Jésus n’a jamais forcé personne à le suivre. Il lançait plutôt une invitation : « Venez et voyez » (Jn 1,39). Il laissait ses disciples exprimer leurs pensées et il les écoutait (Mc 6,35). L’une des qualités essentielles d’un bon leadership est l’écoute attentive, et Jésus en a donné constamment l’exemple.

Saint Jean raconte que lorsque Jésus invita ses disciples à se rendre à Béthanie (Jn 11,7), ils hésitèrent d’abord. Mais ensemble, ils sont arrivés à un consensus. Thomas déclara : « Allons-y nous aussi, pour mourir avec lui » (Jn 11,16). Avec leur Maître, ils avaient pris une décision partagée. Cela rejoint un principe souvent entendu aujourd’hui dans la gestion : l’enthousiasme pour un projet grandit dans la mesure où l’on se sent partie prenante de la décision.

Donner de la force aux autres

Jésus appela ses disciples à être avec lui, à apprendre de lui, à partager son autorité et à agir avec sa puissance. Il savait que sa mission ne continuerait que si ses disciples l’avaient vraiment faite leur, s’ils étaient équipés pour elle et prêts à la poursuivre. Jésus forma ses disciples en une équipe embrasée par la mission (Mc 6,7). Ce faisant, il montrait que les vrais leaders multiplient le leadership en donnant de la force aux autres.

Former et fortifier une équipe est au cœur du leadership collaboratif. Le leadership de service est le plus efficace lorsqu’il fait confiance aux autres pour travailler à ses côtés. Les spécialistes du leadership soulignent aujourd’hui que responsabilité ne signifie pas tout faire seul. Au contraire, un bon leader accompagne et responsabilise des personnes capables, de manière à partager la tâche.

La manière dont Jésus responsabilisait ses disciples allait au-delà des paroles ou des gestes visibles : il cherchait les pensées, les motivations et la foi qui inspiraient ces dernières. Il ne se contentait pas de transmettre des informations ; il conduisait ses disciples à voir la vie autrement. Il se présentait comme un maître, à l’affût de chaque occasion pour former les esprits et affermir la foi de ceux qui marchaient avec lui.

Eugene Benedict, OMI
Conseiller Général pour l’Asie-Océanie